Étudier en Belgique · Allemagne
Étudier en Belgique quand on est allemand.
338 étudiants allemands étaient inscrits dans les six universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles selon le tableau 1.3.1 de l'annuaire du Conseil des rectrices et recteurs (CRef), dernière ventilation publiée (2021-2022), hautes écoles non comprises : un flux discret, mais un parcours qui se joue sur deux questions précises, la nature exacte du titre secondaire allemand et la langue d'enseignement. Aucune université belge n'enseigne en allemand.
Mis à jour le 8 septembre 2026

En bref
Un étudiant allemand n'a besoin d'aucun visa pour étudier en Belgique : citoyen de l'Union européenne, il déclare sa présence à la commune dans les dix jours ouvrables et demande son attestation d'enregistrement (annexe 19) au plus tard trois mois après son arrivée, la Carte européenne d'assurance maladie valant preuve de couverture. Aucun diplôme allemand n'est dispensé d'équivalence : l'Abitur comme la Fachhochschulreife doivent faire l'objet d'une demande auprès du Service des équivalences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au tarif de 400 € non remboursables, sans traduction (l'allemand fait partie des langues dispensées) mais avec des copies certifiées conformes par l'administration communale allemande. La portée de la décision dépend du titre : l'Abitur ouvre l'accès général, tandis que la Fachhochschulreife et la fachgebundene Hochschulreife demandent une vérification préalable auprès du Service, dont la pratique n'est pas publiée. Le minerval s'élève à 1 194 € au taux plein pour 2026-2027, sans contribution supplémentaire, et les filières contingentées restent soumises au plafond de non-résidents (30 %, 20 % en médecine vétérinaire, 15 % des admissibles au concours de médecine et de dentisterie).
Un étudiant allemand a-t-il besoin d'un visa pour la Belgique ?
Non. Citoyen de l'Union européenne, un Allemand entre et séjourne librement en Belgique : ni visa, ni redevance d'immigration, ni preuve de moyens de subsistance sur compte bloqué. Les démarches sont communales. Il déclare sa présence à l'administration communale de son lieu de résidence dans les dix jours ouvrables suivant son arrivée, puis demande une attestation d'enregistrement (annexe 19) au plus tard à l'expiration du délai de trois mois. Le dépassement de ce délai expose à une amende administrative de 200 €.
La commune demande la preuve d'inscription dans un établissement organisé, reconnu ou subventionné, une couverture maladie (la Carte européenne d'assurance maladie délivrée par la caisse allemande est acceptée, de même qu'un formulaire S1 ou une affiliation à une mutualité belge), la preuve de ressources suffisantes et une preuve de citoyenneté. La décision revient à la commune ou, en cas de doute, à l'Office des étrangers, au plus tard six mois après la demande ; une carte européenne est ensuite délivrée. À Bruxelles, la Ville annonce environ trois semaines après le contrôle positif de l'adresse par la police, pour des frais communaux de 25 € à la demande d'inscription puis de 30 € pour la carte de séjour.
L'Abitur et la Fachhochschulreife sont-ils reconnus en Belgique francophone ?
Aucun diplôme allemand n'est dispensé d'équivalence en Fédération Wallonie-Bruxelles. La dispense se limite au baccalauréat européen, au baccalauréat international de Genève, au CESS de l'école du SHAPE et aux écoles à programme belge à l'étranger ; l'arrêté ministériel du 20 mai 1968, qui déterminait les examens universitaires accessibles aux titulaires de certificats et diplômes allemands d'enseignement secondaire, a été abrogé par l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 17 mai 1999. Il faut donc introduire une demande d'équivalence, quel que soit le titre obtenu.
La nature du titre change ensuite la lecture du dossier. L'Allgemeine Hochschulreife, l'Abitur délivré à l'issue de la gymnasiale Oberstufe, ouvre en Allemagne l'accès à l'ensemble des universités et des Fachhochschulen. La Fachhochschulreife ouvre l'accès aux Fachhochschulen, les universités de sciences appliquées, et la fachgebundene Hochschulreife aux Fachhochschulen ainsi qu'aux filières universitaires correspondant au domaine suivi. Depuis le décret du 16 juillet 2025, les limites qui interdisaient à une équivalence d'ouvrir en Belgique des études inaccessibles dans le pays d'origine ne s'appliquent plus aux titres délivrés dans un État membre de l'Union européenne : le cadre juridique est donc plus favorable qu'auparavant. Le Service des équivalences ne publie pas pour autant, titre par titre, le type de décision qu'il rend.
Nous ne promettons jamais qu'une Fachhochschulreife ouvrira l'université belge : la pratique décisionnelle du Service n'est pas publiée, et une équivalence peut comporter des restrictions. Nous vérifions le point avec le Service avant le dépôt, en présentant le titre et le relevé de notes réels. Si la décision est restrictive, les restrictions se lèvent par la réussite du DAES, organisé par les jurys de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ou par un examen d'admission d'université ou de haute école.
Le dossier lui-même est simple pour un candidat allemand. Le Service demande le diplôme et le relevé de notes en copie certifiée conforme, une copie de la carte d'identité, du passeport ou de l'acte de naissance, une lettre de motivation rédigée en français et la preuve originale du paiement de 400 €, non remboursables. Aucune traduction n'est exigée, l'allemand figurant parmi les langues dispensées. La certification, en revanche, obéit à une règle stricte : pour l'Allemagne, elle est faite par l'administration communale de la commune de résidence, ou, en Belgique, par le Service des équivalences sur présentation des originaux ou par la commune où vous habitez. Les copies certifiées par la police, l'école, la poste, un tribunal, un notaire ou l'ambassade de Belgique sont refusées. Le dépôt s'ouvre vers la mi-novembre et se clôture le 15 juillet précédant l'inscription (du 15 novembre 2025 au 15 juillet 2026 pour la rentrée 2026, dates suivantes à confirmer sur equivalences.cfwb.be), pour une instruction annoncée de quatre à douze semaines. Lorsque la proclamation des résultats a eu lieu après le 10 juillet, l'arrêté royal reporte la date limite de dépôt au 14 septembre précédant l'inscription.
Peut-on étudier en allemand en Belgique, et faut-il prouver son français ?
Il faut le dire clairement : la Belgique compte une Communauté germanophone, mais celle-ci n'a pas d'université. La seule offre d'enseignement supérieur en langue allemande est l'Autonome Hochschule Ostbelgien, à Eupen, qui propose des bacheliers en enseignement maternel, en enseignement primaire, en soins infirmiers et en travail social, ainsi qu'un bachelier en sciences financières et administratives organisé en alternance avec le ZAWM d'Eupen. Elle ne relève pas de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Toutes les autres études supérieures belges se suivent en français, en néerlandais ou en anglais. Un candidat allemand qui vise une université de la Belgique francophone étudiera donc en français.
Sur la preuve de langue, aucune disposition décrétale n'impose aujourd'hui un niveau de français à l'entrée d'un bachelier : la seule règle de ce type, l'article 108 du décret paysage, ne visait que trois bacheliers de formation des enseignants (agrégé de l'enseignement secondaire inférieur, instituteur primaire, instituteur préscolaire) et ses effets étaient limités aux années académiques 2019-2020 à 2022-2023. Chaque université peut néanmoins demander une preuve dans son règlement des études, souvent de niveau B2, quand le diplôme n'a pas été obtenu en français, ce qui est le cas d'un Abitur passé en allemand. Les exigences varient d'un établissement à l'autre et se lisent dans le règlement des études de l'année visée. Nous les vérifions auprès de l'université avant la demande d'admission, pour que le calendrier d'une éventuelle épreuve de français soit compatible avec celui de l'inscription.
Comment fonctionne le quota non-résidents pour un Allemand ?
Un étudiant qui réside en Allemagne et vient en Belgique pour ses études est un non-résident au sens du décret du 16 juin 2006. Ce statut n'a aucun effet sur le minerval, mais il est déterminant pour les filières contingentées : le nombre de non-résidents primo-inscrits y est plafonné, et la demande d'admission se dépose par voie électronique auprès de l'établissement choisi, pendant une fenêtre de trois jours à la fin du mois d'août (les 25, 26 et 27 août pour la rentrée 2026, selon les modalités propres à chaque établissement), suivie d'un tirage au sort sous contrôle d'un huissier de justice assermenté et de résultats publiés le lundi 7 septembre 2026. Dans ces filières, une seule demande est possible, dans un seul cursus et dans un seul établissement, sous peine d'être écarté comme doublon ; le cumul avec le concours d'entrée en médecine et en dentisterie reste en revanche permis.
| Filière | Plafond de non-résidents | Mode de sélection |
|---|---|---|
| Kinésithérapie et réadaptation (université et haute école), logopédie (haute école), audiologie (haute école), sciences psychologiques et de l'éducation orientation logopédie (université) | 30 % des primo-inscrits | Demande d'admission déposée en ligne auprès de l'établissement choisi les 25, 26 et 27 août 2026, tirage au sort sous huissier si le quota est dépassé |
| Médecine vétérinaire | 20 % des primo-inscrits | Demande d'admission déposée en ligne auprès de l'établissement choisi les 25, 26 et 27 août 2026, tirage au sort sous huissier si le quota est dépassé |
| Médecine, sciences dentaires | 15 % des admissibles | Concours d'entrée en français, à Bruxelles, entre le 16 et le 31 août (le 27 août en 2026), inscriptions du 18 mai au 5 juillet 2026 sur concoursmd.be |
Le concours de médecine et de dentisterie se passe en français et en présentiel à Bruxelles. Les non-résidents y sont classés avec les autres candidats, mais le jury cesse de les retenir dès que leur part atteint 15 % des admissibles. Réussir le concours ne dispense de rien : l'équivalence du diplôme secondaire reste exigée pour l'inscription qui suit, avec ses quatre à douze semaines d'instruction. Il n'est pas nécessaire de la détenir pour présenter le concours, et l'arrêté royal du 20 juillet 1971 accorde cinq jours ouvrables après la notification de la réussite pour introduire la demande accompagnée de la preuve de cette réussite. Reste que ce délai est très court et que l'instruction, elle, ne se raccourcit pas : nous préparons donc le dossier d'équivalence avant le concours pour n'avoir plus qu'à le déposer.
Combien coûte une année d'études en Belgique francophone ?
Le minerval de référence pour 2026-2027 est de 1 194 €, fixé par le décret-programme du 5 juin 2026 publié au Moniteur belge le 24 juin 2026. Citoyen de l'Union européenne, un étudiant allemand n'est jamais redevable de la contribution supplémentaire de 4 175 € réclamée aux ressortissants hors Union européenne non assimilés. Les taux réduits de 835 €, 374 € et 0 € dépendent d'abord des revenus du ménage et supposent, pour un citoyen de l'Union européenne, de ne bénéficier d'aucune aide financière d'un autre pays et de justifier d'un séjour permanent ou d'une activité professionnelle en Belgique : un primo-arrivant venu d'Allemagne pour son cursus paie le taux plein. Les demandes de tarif réduit s'introduisent auprès de la Direction des allocations d'études entre le 1er juillet et le 31 octobre.
S'y ajoutent les frais propres à l'établissement, les frais communaux de l'attestation d'enregistrement, et les 400 € d'équivalence, à engager avant même de savoir si l'admission sera acceptée. Ce dernier point mérite d'être budgété comme tel : les frais d'équivalence ne sont pas remboursables, quelle que soit la décision rendue.
Pourquoi se faire accompagner
Pour un candidat allemand, les deux inconnues sont toujours les mêmes : ce que la Fédération Wallonie-Bruxelles fera exactement du titre secondaire présenté, et ce que l'université attendra en matière de français. Ni l'une ni l'autre ne se trouve dans une brochure. C'est là que nous travaillons, et le candidat introduit lui-même sa demande d'admission et son dossier d'équivalence, avec ses propres coordonnées.
- Qualification du titre présenté : Abitur, Fachhochschulreife ou fachgebundene Hochschulreife, et conséquences sur l'accès visé
- Vérification préalable auprès du Service des équivalences avant d'engager les 400 € non remboursables
- Préparation du dossier avec la certification communale allemande exigée, sans traduction inutile
- Anticipation de la preuve de français attendue par l'université, et du DAES si la décision comporte des restrictions
- Stratégie filières contingentées : quota non-résidents, fenêtre de dépôt de fin août auprès de l'établissement, concours de médecine
Sources officielles
Informations vérifiées sur les sources officielles belges. Procédures, montants et dates évoluant chaque année, vérifiez toujours la date avant d'agir.
- Service des équivalences (FWB) : demander une équivalence depuis un pays de l'UE
- Mesetudes.be : cursus contingentés et statut de non-résident
- Office des étrangers (IBZ) : droit d'entrer et de séjourner des citoyens de l'Union européenne
- Kultusministerkonferenz (KMK) : la Fachhochschulreife
- Autonome Hochschule Ostbelgien (Eupen) : l'enseignement supérieur en allemand en Belgique
- CRef : annuaire statistique, ventilation des étudiants par nationalité (tableau 1.3.1, 2021-2022)
FAQ
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour étudier en Belgique quand on est allemand ?
L'Abitur suffit-il pour s'inscrire dans une université belge francophone ?
Une Fachhochschulreife ouvre-t-elle l'université en Belgique francophone ?
Qui peut certifier conforme la copie d'un diplôme allemand ?
Peut-on suivre des études supérieures en allemand en Belgique ?
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