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Étudier en Belgique · Pologne

Étudier en Belgique quand on est polonais.

Deux documents polonais se ressemblent à s'y méprendre à la fin du lycée, et un seul ouvre les portes de l'enseignement supérieur belge. Choisir le bon, le faire traduire dans les règles et le déposer à temps : voilà tout le dossier.

Mis à jour le 8 septembre 2026

Étudier en Belgique quand on est polonais

En bref

Un étudiant polonais n'a besoin d'aucun visa pour la Belgique : la citoyenneté européenne suffit, et le séjour se régularise par une attestation d'enregistrement (annexe 19) demandée à la commune dans les trois mois suivant l'arrivée. Le diplôme à faire reconnaître est le świadectwo dojrzałości, obtenu après l'egzamin maturalny ; il n'est pas dispensé d'équivalence et doit être accompagné d'une traduction jurée en français, pour des frais de 400 € non remboursables à verser avant le 15 juillet. Les droits d'inscription sont ceux d'un étudiant européen : 1 194 € de minerval pour 2026-2027, sans la contribution de 4 175 € applicable aux ressortissants hors Union européenne. Un Polonais qui s'installe pour ses études est en revanche non-résident : les filières contingentées appliquent un plafond de 30 % de non-résidents, avec tirage au sort fin août, et la médecine comme les sciences dentaires passent par un concours d'entrée.

Un étudiant polonais a-t-il besoin d'un visa pour la Belgique ?

Non, aucun. Ce qui remplace le visa, c'est une formalité communale, et elle est bien réelle. Pour un passage de moins de trois mois, une déclaration de présence est à faire à la commune dans les dix jours ouvrables. Pour des études, l'étudiant demande une attestation d'enregistrement (annexe 19) à l'administration communale de son lieu de résidence, au plus tard à l'expiration du délai de trois mois qui suit son entrée en Belgique ; passé ce délai, une amende administrative de 200 € est possible. La communauté est réduite : le Conseil des rectrices et recteurs (CRef) recensait 435 étudiants polonais dans les universités francophones de Belgique en 2021-2022, selon la dernière ventilation publiée.

Le guichet attend un dossier complet : preuve d'inscription dans un établissement organisé, reconnu ou subsidié, couverture maladie (carte européenne d'assurance maladie, formulaire S1, assurance privée ou mutualité belge) et la preuve de ressources suffisantes. Depuis le 1er septembre 2025, un dossier incomplet n'est pas pris en considération, ce qui revient à repartir et à revenir. La commune peut reconnaître elle-même le droit de séjour et remettre une annexe 8ter puis la carte de séjour de citoyen de l'Union ; si le dossier est transmis à l'Office des étrangers, la décision tombe dans les six mois. Les délais et les redevances varient d'une commune à l'autre : à la Ville de Bruxelles, comptez environ trois semaines et deux redevances de 25 € et 30 €.

Depuis le 3 août 2026, les cartes d'identité nationales délivrées dans l'Union doivent comporter une zone de lecture automatique (règlement UE 2025/1208). Un dowód osobisty d'ancien modèle, sans cette zone, peut suffire à compliquer un passage de frontière ou un enregistrement communal : partir avec un passeport valide règle la question.

Le świadectwo dojrzałości ouvre-t-il l'accès aux études belges ?

C'est le document décisif, et il ne faut pas le confondre avec le certificat de fin de lycée. Le świadectwo dojrzałości n'est remis qu'au diplômé qui a réussi l'egzamin maturalny : dans la Formuła 2023, appliquée aux diplômés du liceum depuis 2023 et à ceux du technikum depuis 2024, cela suppose de se présenter et d'obtenir au moins 30 % des points à chaque matière obligatoire, à l'oral (polonais et langue étrangère) comme à l'écrit de niveau de base (polonais, mathématiques et langue étrangère moderne, le latin pouvant remplacer cette dernière), et de se présenter à au moins une épreuve supplémentaire de niveau étendu, dont le résultat n'influe pas sur la réussite. Un diplômé titulaire d'un diplôme professionnel de niveau technicien peut en être dispensé, ce qui concerne directement les profils de technikum. Le świadectwo ukończenia liceum ou technikum atteste seulement la fin de la scolarité : c'est le świadectwo dojrzałości qui sanctionne la matura, et c'est lui que le dossier d'équivalence doit présenter. Sans matura réussie, le dossier se prépare autrement et se fait cadrer avec le Service des équivalences avant tout dépôt.

Aucun diplôme national de l'Union n'échappe à l'équivalence : les seules dispenses concernent le baccalauréat européen, le baccalauréat délivré par l'Office international du Baccalauréat, le CESS de SHAPE et les écoles à programme belge implantées à l'étranger. La Pologne ne dispose pas de fiche propre sur equivalences.cfwb.be ; elle est traitée par la fiche commune « Pays de l'UE (traduction nécessaire) », qui réclame le diplôme et son relevé de notes en copie certifiée conforme, une pièce d'identité, une lettre de motivation en français, signée, indiquant le type et la branche d'études visées, et la preuve originale du paiement. Les frais sont de 400 €, non remboursables, le tarif réduit de 150 € étant réservé aux pays de la liste d'aide publique au développement. Le dépôt, par courrier postal, l'envoi recommandé en un seul colis étant conseillé, ou sur rendez-vous, court de la mi-novembre au 15 juillet, échéance qui vaut aussi pour le paiement ; les décisions ne partent pas avant le 1er mars et l'instruction prend de 4 à 12 semaines minimum. Une soupape existe si le diplôme arrive tard : l'article 5 de l'arrêté royal du 20 juillet 1971 reporte le délai de dépôt au 14 septembre lorsque la proclamation des résultats a eu lieu après le 10 juillet, sur preuve officielle de cette proclamation tardive et à condition que le dossier soit complet à cette date. Les dates de dépôt de la session 2027-2028 ne sont pas encore publiées : elles se confirment sur equivalences.cfwb.be.

Le polonais ne figure pas parmi les langues acceptées sans traduction : une traduction en français par un traducteur juré est exigée, avec cachet et signature apposés à cheval sur l'original et la traduction, remise en version papier originale. Faite en Pologne, la signature du traducteur juré doit être apostillée, le pays étant lié par la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 depuis le 14 août 2005. La fiche « Pays de l'UE » décrit pour sa part une légalisation par l'autorité compétente polonaise puis par l'ambassade ou le consulat de Belgique : les deux pages officielles divergent, et nous faisons confirmer la voie applicable avant d'engager la traduction. Faite en Belgique, elle doit provenir d'un traducteur inscrit au registre national des traducteurs jurés, avec son numéro d'identification, sur support papier uniquement. Les copies certifiées suivent la même règle : la copie établie par un urząd gminy ou un urząd miasta n'est pas acceptée telle quelle, la signature du fonctionnaire doit être apostillée.

L'itinéraire le plus court passe souvent par la Belgique : le Service des équivalences, comme la commune belge de résidence, établit la copie certifiée conforme sur présentation des originaux, ce qui supprime l'étape de l'apostille sur la copie. Le Service accepte d'ailleurs que les documents originaux soient joints tels quels au dossier. Voyager avec ses originaux vaut mieux qu'enchaîner les guichets à Varsovie.

La fiche n'annonce pas le type de décision : elle peut être complète ou assortie de restrictions, que l'examen d'aptitude à accéder à l'enseignement supérieur (DAES) du Jury de la Fédération Wallonie-Bruxelles permet de lever. Le Service recommande un rendez-vous préalable avec le dossier lorsque la formation a été très orientée vers la pratique professionnelle, ce qui peut viser certaines filières de technikum. Un point de droit joue en faveur des titres européens : l'article 1er de l'arrêté royal du 20 juillet 1971, dans sa version en vigueur, écarte pour les titres délivrés dans un État membre deux motifs de refus, celui tiré de l'inaccessibilité des études dans le pays d'origine et celui tiré de conditions d'accès complémentaires.

Quel niveau de français faut-il pour s'inscrire ?

Aucun décret n'impose de niveau de français pour entrer en bachelier. La seule exigence réglementaire vise les bacheliers de formation des enseignants, généralement au niveau B2 du cadre européen, prouvé par un DELF B2, un DALF B2, un TCF B2 ou un TEF niveau 4. Pour tous les autres cursus, la décision appartient à l'établissement, qui peut demander une preuve quand le diplôme n'a pas été obtenu en français : l'UCLouvain attend une attestation officielle dans le dossier de bachelier, tandis que l'ULB n'en exige aucune. Un candidat polonais qui hésite entre deux universités a donc intérêt à vérifier ce point avant de bâtir son calendrier de certification.

Autre échéance à ne pas confondre avec celle de l'équivalence : à l'ULB, la décision peut manquer au moment de la candidature, mais elle doit être remise au plus tard le 1er décembre de l'année académique. Un dossier déposé en juillet a normalement le temps d'être instruit avant décembre, mais le Service annonce quatre à douze semaines minimum : rien ne se joue à quelques jours près.

Non-résident : ce que change le quota des filières contingentées

Le statut de non-résident ne dépend pas de la nationalité mais de l'ancrage en Belgique. Le décret du 16 juin 2006 énumère huit critères de résidence (droit de séjour permanent, résidence principale de trois ans, quinze mois avec activité professionnelle ou revenu de remplacement, situation d'un parent, d'un tuteur ou du conjoint, entre autres) : un étudiant polonais qui arrive pour ses études n'en remplit aucun. Sans conséquence sur le montant du minerval, ce statut détermine en revanche l'accès aux cursus limités listés par l'ARES.

Cursus contingentéPlafond de non-résidentsSélection
Kinésithérapie et réadaptation (haute école et université), audiologie, logopédie, sciences psychologiques et de l'éducation orientation logopédie30 %Tirage au sort sous huissier au-delà du plafond
Médecine vétérinairePourcentage non publié par l'ARESTirage au sort sous huissier au-delà du plafond
Médecine, sciences dentairesPourcentage non publié par l'ARESConcours d'entrée commun à tous les candidats

Ces pourcentages sont des plafonds calculés sur les primo-inscrits de l'année précédente, pas des places réservées. La fenêtre de dépôt est courte et unique : la candidature d'un non-résident se dépose auprès de l'établissement choisi, par voie électronique, les derniers jours d'août (25 au 27 août 2026), à raison d'une seule candidature dans un seul établissement, Mesetudes.be étant le portail d'information de l'ARES et non une plateforme de dépôt. Le concours d'entrée en médecine et en sciences dentaires s'est tenu le 27 août 2026, avec des inscriptions ouvertes du 18 mai au 5 juillet 2026, le décret le situant chaque année entre le 16 et le 31 août. Pour tous les autres programmes, l'inscription doit être finalisée, paiement compris, au plus tard le 30 septembre.

Quel budget pour une année d'études en Belgique ?

Le minerval 2026-2027 est fixé à 1 194 € par le décret-programme du 5 juin 2026, publié au Moniteur belge le 24 juin 2026 ; le minerval couvre l'organisation académique et administrative des études, aucun frais complémentaire ne pouvant être réclamé pour l'inscription, les cours, les évaluations et les attestations. Un citoyen polonais n'est pas concerné par la contribution supplémentaire de 4 175 €, qui vise les ressortissants hors Union européenne non assimilés. Les montants réduits de 835 €, 374 € et 0 € ne sont pas des tarifs européens : ils s'adressent aux étudiants qui remplissent les conditions des allocations d'études, donc à des situations de résidence ou de famille active en Belgique. Un étudiant qui arrive de Pologne pour un cursus complet acquitte le taux plein, et il peut introduire une demande de tarif réduit auprès de la Direction des allocations d'études de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du 1er juillet au 31 octobre, s'il estime entrer dans les conditions.

La couverture santé, elle, ne coûte rien de plus au départ : la carte européenne d'assurance maladie délivrée par le NFZ est acceptée au guichet communal. Selon la durée du séjour et la situation personnelle, le formulaire S1 ou une affiliation à une mutualité belge peuvent devenir préférables, un arbitrage à faire avec sa caisse d'origine avant le départ.

Pourquoi se faire accompagner

Un dossier polonais échoue rarement sur le fond : il échoue sur une pièce. Le mauvais certificat de fin d'études, un cachet de traducteur qui ne chevauche pas les deux documents, une apostille manquante sur la signature du fonctionnaire, une date de clôture confondue avec celle de la rentrée. Vous introduisez vous-même votre demande d'admission, votre dossier d'équivalence et votre enregistrement communal, avec vos propres coordonnées ; nous préparons les pièces, nous vérifions leur conformité et nous tenons les échéances, comme pour les nombreux étudiants internationaux que nous accompagnons.

  • Vérification que le titre présenté est bien le świadectwo dojrzałości et non un certificat de fin de scolarité
  • Cadrage de la traduction jurée et des copies certifiées, apostille comprise, avant toute dépense inutile
  • Rétroplanning complet : mi-novembre, clôture du 15 juillet, remise de la décision à l'ULB au 1er décembre, inscription au 30 septembre
  • Diagnostic du statut de résident ou de non-résident et stratégie pour les cursus contingentés
  • Préparation du rendez-vous en commune : annexe 19, assurance maladie, preuve de ressources, en dossier complet

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour étudier en Belgique quand on est polonais ?
Non. La citoyenneté européenne dispense de tout visa d'études. Il faut en revanche demander une attestation d'enregistrement (annexe 19) à la commune de son lieu de résidence en Belgique, au plus tard à l'expiration du délai de trois mois qui suit l'entrée, faute de quoi une amende administrative de 200 € est possible. Depuis le 1er septembre 2025, une demande incomplète n'est pas prise en considération : la commune notifie une annexe 19quinquies indiquant les pièces manquantes, et une nouvelle demande peut être introduite dès qu'elles sont réunies.
Le certificat de fin de lycée suffit-il, sans la matura ?
Non. Le document qui ouvre l'accès à l'enseignement supérieur est le świadectwo dojrzałości, délivré après la réussite de l'egzamin maturalny, avec au moins 30 % des points à chaque matière obligatoire. Le świadectwo ukończenia liceum ou technikum atteste seulement la fin de la scolarité et ne remplace pas le świadectwo dojrzałości dans un dossier d'équivalence : sans matura, la situation se fait examiner au cas par cas par le Service.
La matura doit-elle être traduite et apostillée ?
Le polonais ne fait pas partie des langues acceptées sans traduction : une traduction jurée en français est obligatoire, cachet et signature à cheval sur l'original et la traduction, en version papier. Réalisée en Pologne, la signature du traducteur doit être apostillée, et il en va de même pour la signature du fonctionnaire communal qui certifie une copie. Présenter les originaux au Service des équivalences ou à une commune belge évite cette étape.
Combien coûte l'équivalence du diplôme polonais et quand la déposer ?
Les frais sont de 400 €, non remboursables : le tarif réduit de 150 € vise les pays de la liste d'aide publique au développement et ne concerne pas un État membre de l'Union. Le dépôt court de la mi-novembre au 15 juillet, paiement compris, les décisions partent au plus tôt à partir du 1er mars et l'instruction demande de 4 à 12 semaines minimum.
Un étudiant polonais est-il soumis au tirage au sort en kinésithérapie ?
Oui s'il arrive de Pologne pour ses études : il est alors non-résident et concourt sous un plafond de 30 % de non-résidents, avec tirage au sort sous huissier au-delà de ce plafond. Les candidatures se déposent auprès de l'établissement choisi, par voie électronique, les derniers jours d'août (25 au 27 août 2026), à raison d'une seule candidature dans un seul établissement. La médecine et les sciences dentaires passent par un concours d'entrée commun à tous les candidats.

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