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Étudier en Belgique · Suisse

Étudier en Belgique quand on est suisse.

Pour le séjour, un Suisse est traité comme un citoyen de l'Union : aucun visa, aucune redevance, une simple annexe 19 à la commune. Pour les droits d'inscription, c'est l'inverse, et c'est le point que presque personne n'anticipe.

Mis à jour le 8 septembre 2026

Étudier en Belgique quand on est suisse

En bref

Un étudiant suisse n'a besoin d'aucun visa pour étudier en Belgique : l'Office des étrangers range la Suisse parmi les États associés à l'Union européenne, et le séjour de plus de trois mois passe par une attestation d'enregistrement (annexe 19) demandée à la commune, avec une carte européenne d'assurance maladie acceptée. La maturité suisse doit en revanche faire l'objet d'une équivalence auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles (400 €), sur la base de documents certifiés conformes et apostillés. Le point décisif est ailleurs : en l'état des textes, la nationalité suisse n'ouvre pas à elle seule le tarif européen des droits d'inscription, réservé par le décret du 11 avril 2014 aux ressortissants d'un État membre de l'Union ou aux étudiants remplissant un critère individuel d'assimilation. Sauf critère de ce type, l'établissement réclame pour 2026-2027 un minerval de 1 194 € et une contribution supplémentaire de 4 175 €. Enfin, un Suisse qui arrive pour ses études est non-résident : il relève du quota des filières contingentées.

Un étudiant suisse a-t-il besoin d'un visa pour la Belgique ?

Non. L'Office des étrangers range explicitement la Suisse parmi les États associés à l'Union européenne (avec la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein) : un citoyen suisse relève du régime des citoyens de l'Union pour l'entrée et le séjour, et non du régime des ressortissants de pays tiers. Le voyage se fait sur présentation d'une carte d'identité ou d'un passeport national valide, sans visa.

Pour un séjour de plus de trois mois, la démarche se fait auprès de l'administration communale du lieu de résidence en Belgique : demande d'attestation d'enregistrement (annexe 19) au plus tard à l'expiration des trois mois suivant l'entrée en Belgique. Le citoyen de l'Union qui séjourne d'abord en court séjour doit par ailleurs signaler sa présence à l'administration communale dans les dix jours ouvrables suivant son entrée, sous peine d'une amende administrative de 200 €. La commune demande une preuve d'inscription dans un établissement organisé, reconnu ou subventionné, une assurance maladie (la carte européenne d'assurance maladie est acceptée, tout comme une assurance privée, un formulaire S1 ou une affiliation à une mutualité belge) et la preuve de ressources suffisantes. Elle délivre une annexe 8ter provisoire, puis la carte de séjour de citoyen de l'Union.

Conséquence directe : ni les droits de visa long séjour (250 € depuis le 1er juillet 2026) ni la redevance administrative de l'Office des étrangers (251 € pour un étudiant du supérieur public) ne s'appliquent, puisqu'ils ne visent que les demandes d'autorisation de séjour des ressortissants de pays tiers.

Faut-il une équivalence de la maturité suisse ?

Oui. Aucun diplôme secondaire national n'est dispensé d'équivalence en Fédération Wallonie-Bruxelles : seuls le baccalauréat européen, le baccalauréat international délivré par une école reconnue par l'Office international du baccalauréat de Genève, le CESS SHAPE et les écoles à programme belge à l'étranger échappent à la procédure, et encore à condition que le diplôme porte le logo officiel de l'organisme qui le délivre. La maturité gymnasiale, qui donne un accès général aux hautes écoles en Suisse, passe donc par une demande d'équivalence du diplôme de fin d'études secondaires.

Le Service des équivalences ne publie pas de fiche propre à la Suisse : le pays est traité sur la page consacrée aux dossiers obtenus hors de l'Union européenne, comme le Royaume-Uni, la Norvège ou les États-Unis. Le dossier comprend le diplôme et le relevé de notes en copie certifiée conforme par un fonctionnaire de l'administration communale suisse, dont la signature est apostillée, une preuve d'accès aux études supérieures dans le pays d'origine, une copie de la pièce d'identité, une lettre de motivation en français signée et la preuve originale du paiement. La Suisse et la Belgique étant toutes deux parties à la Convention de La Haye de 1961, l'apostille suffit : aucune légalisation consulaire n'est nécessaire.

Les documents rédigés en allemand ou en italien ne doivent pas être traduits (ces langues figurent, avec le français, le néerlandais, l'anglais, le portugais et l'espagnol, parmi celles que le Service accepte telles quelles) ; un document en romanche doit en revanche être traduit par un traducteur juré. Les frais s'élèvent à 400 €, non remboursables, et le dépôt s'ouvre vers la mi-novembre pour se clôturer le 15 juillet précédant la rentrée (du 15 novembre 2025 au 15 juillet 2026 pour l'année 2026-2027, dates de l'année suivante à confirmer sur equivalences.cfwb.be). Comptez 4 à 12 semaines de traitement au minimum.

Le Service prévient que, pour un dossier scolaire obtenu hors de l'Union européenne, il est vraisemblable que l'équivalence comporte des restrictions, levables ensuite par l'examen du DAES. Et le traitement réservé à la maturité professionnelle ou spécialisée n'est pas publié. En Suisse, la certification conforme passe souvent par un notaire et l'apostille par la chancellerie d'État du canton, là où la Fédération demande un fonctionnaire communal : nous faisons confirmer la chaîne exacte et le sort de votre titre avant que le dossier ne parte, plutôt que de les découvrir sur la décision.

Faut-il prouver son niveau de français ?

Aucun décret n'impose un niveau de français à l'entrée d'un bachelier ordinaire : la preuve de maîtrise de la langue n'est prévue que pour les cursus de formation des enseignants, et une maîtrise approfondie n'est exigée qu'en master à finalité didactique et pour l'agrégation. Chaque université reste toutefois libre de demander une preuve, souvent de niveau B2, quand le diplôme n'a pas été obtenu en français : l'ULB l'exige par exemple dans certains programmes (droit, lettres, philosophie) lorsque le français ne figure pas au cursus secondaire.

En pratique, un candidat titulaire d'une maturité passée en français n'a rien à démontrer, tandis qu'un candidat alémanique ou tessinois a intérêt à prévoir une attestation dès le montage du dossier, plutôt que de la chercher en urgence à quelques semaines de la rentrée.

Le quota non-résidents et les filières contingentées

Un Suisse qui arrive en Belgique pour y étudier est un non-résident : aucune des catégories de résident définies par le décret du 16 juin 2006 ne repose sur la nationalité suisse. Pour les filières contingentées, les non-résidents sont limités à un quota, qui est un plafond à ne pas dépasser et non une part réservée, et départagés selon la filière.

Filière contingentéeQuota non-résidents et mode de sélection
Médecine, sciences dentaires15 % ; concours d'entrée organisé chaque année entre le 16 et le 31 août (27 août 2026), inscriptions au concours de la mi-mai au début juillet, payantes et non remboursées
Médecine vétérinaire20 % ; tirage au sort sous huissier si les candidatures dépassent le quota
Kinésithérapie et réadaptation, logopédie, audiologie, sciences psychologiques (orientation logopédie)30 % ; tirage au sort sous huissier si les candidatures dépassent le quota

Ne confondez pas les deux fenêtres du calendrier. Les candidatures non-résidents pour les filières contingentées se déposent auprès de l'établissement choisi, par voie électronique, sur trois jours seulement, les derniers jours d'août (25, 26 et 27 août en 2026), une seule candidature dans un seul établissement, avec des résultats publiés au début du mois de septembre. Mesetudes.be, le portail d'information de l'ARES, décrit la procédure mais ne reçoit pas les candidatures. La fenêtre de mi-mai à début juillet, elle, ne concerne que l'inscription au concours d'entrée en médecine et en sciences dentaires.

Combien coûte l'inscription quand on est suisse ?

C'est le point le plus contre-intuitif du parcours suisse. Le décret du 11 avril 2014 réserve la prise en compte au financement, donc le tarif applicable aux étudiants assimilés, à ceux qui ont la nationalité d'un État membre de l'Union européenne ou qui remplissent au moins un critère individuel : autorisation d'établissement ou séjour de longue durée, activité professionnelle réelle et effective en Belgique ou revenus de remplacement, prise en charge par un CPAS, lien de parenté, de mariage ou de cohabitation légale avec une personne de nationalité européenne ou remplissant elle-même l'un de ces critères, statut de réfugié ou de protection subsidiaire. La nationalité suisse n'y figure pas, et la Suisse n'apparaît dans aucune des annexes de la circulaire ARES 2026-001 qui listent les pays exonérés de la contribution supplémentaire.

En l'état des textes, un étudiant suisse qui ne remplit aucun critère individuel d'assimilation se voit donc réclamer, pour 2026-2027, le minerval de 1 194 € augmenté de la contribution de 4 175 €, soit 5 369 € (grille affichée par l'ULB). À l'inverse, un étudiant assimilé paie le seul minerval, au taux plein de 1 194 € : les taux réduits de 835 €, 374 € et 0 € dépendent de la situation économique du ménage et sont réservés aux étudiants qui remplissent les conditions de résidence des allocations d'études (résider en Belgique ou y avoir sa famille qui y travaille), et ne concernent donc pas un primo-arrivant.

Situation de l'étudiant suisseDroits d'inscription 2026-2027
Critère individuel d'assimilation rempli (travail effectif en Belgique, séjour de longue durée, parent ou conjoint de nationalité européenne, prise en charge par un CPAS)Minerval seul, au taux plein de 1 194 €
Aucun critère individuel d'assimilationMinerval de 1 194 € et contribution supplémentaire de 4 175 €, soit 5 369 €
Frais propres à l'établissementPeuvent s'ajouter (par exemple 200 € de frais de dossier d'admission, non remboursables, déduits du minerval par certaines universités, pas par toutes)

Le passeport suisse ouvre la libre circulation, pas le tarif européen des droits d'inscription : l'écart se chiffre à plus de 4 000 € par année d'études. Comme le classement dépend de votre situation individuelle et non de votre nationalité, nous vérifions votre dossier avec le service des inscriptions de l'établissement avant toute inscription, et nous rassemblons les pièces qui établissent l'assimilation quand elle est ouverte.

Pourquoi se faire accompagner

Pour un Suisse, la difficulté n'est ni le visa (il n'y en a pas) ni la langue : c'est de comprendre qu'un régime de séjour européen ne vaut pas régime de droits d'inscription européen, et de ne pas manquer les trois jours de candidature aux filières contingentées. Comme pour les nombreux étudiants internationaux que nous accompagnons, vous déposez vous-même votre demande d'admission, avec vos propres coordonnées : nous préparons, nous vérifions et nous orchestrons.

  • Analyse de votre situation au regard des critères d'assimilation, avant que l'établissement ne fixe vos droits d'inscription
  • Choix d'établissement et de programme, et montage du dossier d'admission dans les délais
  • Équivalence de la maturité suisse préparée jusqu'à la décision, restrictions comprises
  • Préparation de la candidature aux filières contingentées, à déposer auprès de l'établissement choisi dans la fenêtre de fin août
  • Un interlocuteur unique, en français, de la première question jusqu'à votre enregistrement à la commune

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour étudier en Belgique quand on est suisse ?
Non. L'Office des étrangers range la Suisse parmi les États associés à l'Union européenne : un Suisse voyage avec sa carte d'identité ou son passeport et relève du régime des citoyens de l'Union. Il signale sa présence à l'administration communale dans les dix jours ouvrables suivant son entrée, sous peine d'une amende administrative de 200 €, et, pour un séjour de plus de trois mois, il demande une attestation d'enregistrement (annexe 19) à sa commune au plus tard à l'expiration des trois mois. Ni les droits de visa ni la redevance administrative de 251 € ne s'appliquent.
Un étudiant suisse paie-t-il le minerval européen en Belgique ?
Pas automatiquement, et c'est le piège de ce parcours. Le décret du 11 avril 2014 ouvre le tarif des étudiants assimilés aux ressortissants d'un État membre de l'Union européenne ou aux étudiants remplissant un critère individuel (travail effectif en Belgique, séjour de longue durée, parent ou conjoint de nationalité européenne, prise en charge par un CPAS, entre autres), et la Suisse ne figure dans aucune annexe de la circulaire ARES 2026-001. En l'état des textes, un étudiant suisse sans critère individuel se voit réclamer 1 194 € de minerval et 4 175 € de contribution supplémentaire pour 2026-2027, soit 5 369 €. Nous vérifions votre situation avec l'établissement avant toute inscription.
La maturité suisse est-elle reconnue en Belgique ?
Elle donne accès, mais elle n'est pas dispensée d'équivalence : seuls le baccalauréat européen, le baccalauréat international de Genève, le CESS SHAPE et les écoles à programme belge le sont. La demande se dépose auprès du Service des équivalences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui traite la Suisse sur sa page des dossiers obtenus hors de l'Union européenne, pour 400 € non remboursables, entre la mi-novembre et le 15 juillet précédant la rentrée. Le Service prévient qu'une équivalence avec restrictions est vraisemblable dans ce cas ; ces restrictions sont levables par l'examen du DAES.
Faut-il traduire ou apostiller ses documents suisses ?
Les documents rédigés en français, en allemand ou en italien n'ont pas à être traduits ; seul le romanche impose une traduction jurée. Le diplôme et le relevé de notes doivent en revanche être fournis en copie certifiée conforme par un fonctionnaire de l'administration communale suisse, avec une signature apostillée. La Suisse et la Belgique étant parties à la Convention de La Haye de 1961, l'apostille suffit et aucune légalisation consulaire n'est requise.
Un Suisse peut-il s'inscrire en médecine ou en kinésithérapie en Belgique ?
Oui, mais en qualité de non-résident, donc dans la limite d'un quota : 15 % en médecine et en sciences dentaires, où l'accès passe par un concours d'entrée organisé entre le 16 et le 31 août, 20 % en médecine vétérinaire et 30 % en kinésithérapie et réadaptation, logopédie, audiologie et sciences psychologiques (orientation logopédie), avec un tirage au sort sous huissier si les candidatures dépassent le quota. La candidature non-résident se dépose auprès de l'établissement choisi, par voie électronique, pendant les derniers jours d'août (25, 26 et 27 août en 2026), une seule candidature dans un seul établissement.

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